| Interview : Philippe SANS répond aux questions que vous vous posez |
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Jusqu’alors, l’ homme était classé au rang des personnalités de la vie civile sétoise. Et n’avait jamais pris parti… dans tous les sens du terme. Courtisé par chaque liste, Philippe Sans a préféré accepter de mener une liste fédératrice citoyenne, réunissant des gens de diverses sensibilités, encartés pour certains, citoyens en dehors des partis comme lui pour la plupart. Et en quelques semaines, il s’est imposé comme l’un des prétendants sérieux pour les municipales de mars 2008 sur Sète.
Philippe Sans, vous étiez jusqu’alors connu par votre statut de journaliste et vos engagements associatifs, qu’ils soient sportifs ou culturels. Pourquoi avoir choisi de quitter cette neutralité pour vous engager en politique ?
J’avais déjà été sollicité pour figurer sur des listes. En 1989, j’étais plutôt satisfait de ce qui se faisait dans ma ville. Et j’occupais aussi un poste de rédacteur en chef d’une grande radio du Bassin de Thau dont il valait mieux préserver la neutralité. En 2001, j’avais accepté d’être sur une liste citoyenne, mais elle ne s’est pas faite au final. Pour 2008, j’ai à nouveau été sollicité. Par tous mes «concurrents» en lice pour ces Municipales d’ailleurs !
Justement, pourquoi avoir refusé de les suivre… mais vous engager par ailleurs ?
Il y a des candidats dont les philosophies ou visions de la ville ne sont pas miennes. J’avais préféré œuvrer au sein d’un club de réflexion citoyen, composé de personnalités de la vie civile contactées comme moi. Nous souhaitions travailler sur ce que nous voulions pour Sète et voir ensuite ce que les candidats potentiels s’engageaient à faire. Cela a été très enrichissant, car les débats ont réuni des gens de sensibilités diverses (droite, gauche, centre…).
Vous auriez pu rester alors en dehors du combat politique !
Certes. Mais il y a des moments dans la vie d’un homme où des choix importants se posent. Soit on joue les Ponce Pilate et on s’en lave les mains. Advienne alors que pourra… Soit on prend ses responsabilités! Nous, nous voulons que nos enfants puissent vivre dans cette ville que nous aimons. Mais une ville qui soit inscrite dans la modernité sans avoir sacrifié son âme, ses valeurs, son histoire, son authenticité ! Nous voulons d’un Projet de Ville, un projet de vie en dehors des sempiternelles querelles politiciennes. Parce qu’une politique de ville, je suis désolé, elle ne doit être ni de gauche, ni de droite, mais citoyenne et d’intérêt général !
Et vous aviez le sentiment qu’il était temps ?
Oui. Parce que je pense que si certains choix ont été bénéfiques pour la ville ces dernières années, d’autres sont catastrophiques. Et que d’autres gestions que celles de ces deux derniers mandats sont possibles.
Lesquelles ?
D’abord la mission première d’une équipe municipale, c’est d’être à l’écoute de la population, la proximité. Ensuite, l’urbanisme doit être équilibré, respectueux de l’environnement. Cela n’est pas le cas par tout. Une ville équilibrée, c’est prendre soin de tous les quartiers, de toutes les couches sociales… Peut-on affirmer aujourd’hui que tout le monde peut continuer de vivre à Sète ? Non. Demandez à bien des enfants de souche sétoise qui ne peuvent louer ou même accéder à la propriété. Sans parler de la pression fiscale, qui étrangle une grande partie des foyers. Côté environnement, on entreprend des grands chantiers de sauvegarde de notre lido. C’est bien. Mais pourquoi certaines autres décisions plus quotidiennes n’ont pas été prises ? Ainsi Villeroy aurait du être d’emblée un éco-quartier novateur et précurseur. Sur le port, quel avenir ? La Ville n’est pas à la table décisionnaire aux côtés de la Région. C’est une erreur. C’est un abandon. Et puis il y a eu des confusions de genre qui sont pour moi malsaines. Un élu doit être au service de la population avant tout et de sa ville.
On pourrait vous taxer de carriériste, d’ambitieux… avec en ligne de mire une négociation de place pour vous au sein d’une prochaine majorité ?
[Rires]…Tout d’abord j’espère bien que la prochaine majorité sera citoyenne ! Et que je la conduirai comme j’ai accepté d’en mener le combat lors de cette campagne ! De l’ambition, oui nous en avons : pour notre ville ! Car en ce qui me concerne, mon plan de carrière professionnel dans le journalisme devrait au contraire me conduire à ne pas m’engager dans un tel combat. Et je vais être clair, je ne pars pas pour négocier, comme je l’ai entendu dire un quelconque poste de premier adjoint avec tel ou tel candidat au second tour. Ni pour je ne sais quel problème sur telle ou telle association dont je fais partie… Ceux qui disent cela me connaissent mal. Je n’attends rien à titre personnel.
Vous êtes présenté par la presse comme le candidat Modem, ou le candidat centriste…
Je ne suis pas encarté Modem. Et ce n’est pas une liste Modem. Mais je suis ravi qu’il apporte son soutien à cette liste citoyenne. Alors qu’il était sollicité par le maire sortant, le parti socialiste ou encore le candidat « apolitique ». Tout comme l’étaient certains de mes colistiers UMP ou de centre gauche. Et qui ont aussi choisi de nous rejoindre. Au-delà de leurs couleurs ou sensibilités respectives… Cela prouve que nos valeurs fédératrices existent. Et si par valeurs « centristes » sont traduites ces valeurs avant tout citoyennes et non cataloguées d’un côté comme de l’autre, alors je ne rejette pas cet adjectif ! Même si je préfère « fédérateur» ! Dans un discours en septembre dernier à Canet-en-Roussillon, le Président de Région déclarait qu’en quarante ans de politique, il avait connu autant de gens biens à droite qu’à gauche. Et autant de «c...s» de chaque côté ! Je suis d’accord avec lui… Il s’agit de réunir toutes les bonnes volontés et les capacités dans l’intérêt général ! Autour de critères tels que la compétence, l’intégrité et la disponibilité d’écoute. Pour être une alternative crédible aux politiques et aux confrontations stériles passées. Faire enfin de la vraie politique, au sens noble du terme : s’occuper avant tout de la vie de la cité ! Et non de la place prédominante de son parti ou de je ne sais quel intérêt !
Les mêmes jours de scrutin que les municipales, se déroule le vote pour le renouvellement du poste de conseiller général sur le premier canton de Sète ? Vous êtes candidat ?
Non. J’ai pris le temps de la réflexion, car là aussi j’étais sollicité, poussé par certains. Au final, que voit-on ? Un maire qui n’est déjà pas à temps complet sur les affaires municipales et de l’agglomération, ce qui est plutôt gênant… et qui brigue ce poste, tout en annonçant dans la presse qu’il n’abandonnera pas sa profession ! Ce n’est pas sérieux… Alors je préfère que nous, nous nous consacrions pleinement à gérer la ville comme elle doit l’être, à temps plein, pour répondre enfin aux préoccupations quotidiennes des concitoyens. Et à gérer l’agglomération aussi comme elle doit l’être. N’oublions pas qu’elle a maintenant en charge des choix tout aussi vitaux pour notre ville : assainissement, traitement des ordures, propreté, environnement, circulation… Et puis je suis contre le cumul des mandats ! C’était l’une des idées initiales du groupe de réflexion.
Mais le maire sortant avait aussi dit la même chose !
Certes. Et il n’a pas respecté cet engagement. Et bien d’autres d’ailleurs ! C’est ce genre d’attitude qui contribue à faire douter les électeurs de la classe politique. Il est temps aussi de changer cela !
Un maire sortant favorable à la grande Agglomération Montpellier-Sète. Et vous ?
Je pose d’abord la question primordiale : «pour quels projets?». Car pour l’heure, il n’en a présenté aucun de concret aux autres maires de l’agglomération Sète-Bassin de Thau ! Là aussi un peu de sérieux. Je ne suis pas contre, mais un rapprochement, une fusion, cela se travaille, s’étudie. Et cela ne se décide pas sans concertation. Je suis par contre favorable d’emblée à une fusion des deux communautés du Sud et du Nord du Bassin de Thau : là il y a déjà des projets communs autour de l’environnement, des transports, de l’assainissement et du développement économique. Pourquoi cela ne s’est-il pas fait en six ans ? Pour des raisons politiciennes… tout simplement. Et parce que certains veulent une fois encore privilégier leurs intérêts particuliers… et non l’intérêt général. Il faut sortir de cela ! Et je suis aussi favorable à une présidence tournante de cette grande agglomération du Bassin de Thau, tout en gardant la représentation logique pour chaque commune.
Si vous êtes élu, vous travaillerez avec les présidents socialistes de la Région et du Département, le conseiller général communiste du second canton de Sète et celui du premier canton ?
Bien sûr. L’essentiel n’est pas la couleur politique du pouvoir en place, mais la réelle volonté de travailler ensemble. Et surtout les orientations et choix. Si ceux-ci vont dans le même sens, alors l’union fait toujours la force que je sache…
En conclusion, que souhaitez- vous pour Sète ?
Un nouveau souffle… Qu’elle ne continue pas sur l’élan du bétonnage, de l’affairisme, de l’intérêt particulier ! Mais qu’elle soit préservée pour demain ! |
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